Archives du tag: beauté féminine

BEAUTÉ, MORALE ET VOLUPTÉ


Sir Edward Burne-Jornes

Manifesto Dandy

L’Aesthetic Movement (Angleterre, XIXème siècle) – dont a fait partie le dandy Oscar Wilde – était un mouvement artistique et culturel en quête de la Beauté « sous sa forme pure ». S’affranchir du message, de la portée, nier les strates de sens.

Ce petit club de dandies et d’esthètes cherchait à offrir, en peinture, design, mode et poésie de « purs délices sensuels » dénués de « narration ». Ils sont amoraux au premier sens du terme : étrangers aux concepts de Bien et de Mal, ne proposant que des expériences sensuelles et premières de plaisir visuel. Une louable entreprise qui, de fait, semble de nos jours extrêmement codifiée, marquée au fer par des références culturelles et les symptômes d’une classe sociale haute asphyxiée, à l’exact opposé de sa déclaration de foi. De cette volonté d’affranchissement par la Beauté, on conserve aujourd’hui une certaine conception bourgeoise du « beau » style de vie.

Beauté féminine


De fait, les représentations de l’idéal féminin se détachent peu de leur héritage historique en puisant largement dans l’esthétique Raphaëlite réécrite avec toutefois plus d’ardeur et de flamboyance que le maître en son temps. On puise allègrement dans le symbolisme naturel et dans la métaphore florale pour dépeindre la femme.
Cheveux dénoués, robes vaporeuses aux plissés grecs, petites moues altières et sexualité affleurante : l’Aesthetic Movement tâtonne à la recherche de ce que sera bien après lui la libération de la femme des carcans sociaux.

Art de vivre



C’est en design que l’Aesthetic Movement se montre le plus précurseur. L’épuration des objets, la recherche de nouveautés dans les lignes et le refus de céder au pur fonctionnel lancent les premières pistes du design industriel.
Progressivement, les codes de la beauté se déplacent à leur tour… Lorsqu’on assiste à l’avènement, un siècle après, d’une beauté féminine « industrialisée », toute entière associée aux produits de consommation, ainsi qu’à un design démocratisé on retrouve le spectre du mouvement Aesthetic dissolu trop vite dans des scandales de moeurs.

Résurgences

La jeune fille en fleur

Visions d’Ophélie

Raffinement de l’objet utilitaire, vers une Beauté industrialisée

Lalique Le Lys
L’Aesthetic Movement a préempté ce que serait le design de masse en extrayant de la beauté du moindre objet. Ainsi, des produits purement fonctionnels trouvent une nouvelle valeur. Les produits de consommation, surtout en cosmétique, soignent présentation et packaging produits comme s’il s’agissait d’oeuvres d’art. Qu’importe le flacon… n’a jamais été aussi faux : contenu et contenant sont d’égale importance. Dans le secteur de la Beauté et de la cosmétique, on serait parfois tenté de se demander si la beauté du flacon ne sert pas à faire oublier que le simple produit ne suffirait pas à provoquer la moindre ivresse…
Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde Musée d’Orsay

MACÉDOINE ANTIQUE


Tanya Dziahileva photographiée par Jacques Habbah @GREY Magazine

Tanya Dziahileva photographiée par Jacques Habbah @GREY Magazine



Lily Cole photographiée par Koray Birand @Harper's Bazaar Oct 11

Lily Cole photographiée par Koray Birand @Harper's Bazaar Oct 11


exposition Alexandre le Grand au Musée du Louvre Paris

Menée par un enfant de dix-huit ans, le Royaume de Macédoine a tenu entre ses rênes l’empire perse des Achéménides. Entre la faste de l’Orient et l’épure des Grecs Achéens, se construit un art raffiné où géométrie, beauté et nature sont indissociables. Manifestations du divin, but ultime de l’Homme. La beauté humaine répond aux mêmes lois mathématiques que la beauté naturelle, tout est géométrie et harmonie.
Pour s’éloigner de l’animalité et se rapprocher de la géométrie céleste, on n’hésite pas à se peindre, à tracer, à animer de couleurs. L’Antiquité n’ignore rien de l’art des cosmétiques, mieux, elle l’a inventé.
Selon les modes, les yeux sont cernés de noir (pour les protéger), les joues rougies avec de la mûre, les tempes colorées de bleu… Les premières laques à ongles en Orient étaient conçues à base de henné et leur teinte rouille était rigoureusement réservée aux castes élevées… Ce qui a valu l’invention de ce qu’on appellerait aujourd’hui des nude.
Tout un héritage esthétique qui meut encore nos mouvements quand on choisit tel crayon, tel fard ou telle laque couleur rouge…

A VOIR : Au royaume d’Alexandre le Grand – La Macédoine antique Musée du Louvre jusqu’au 16 janvier 2012